Première démission gouvernementale sous Doumbouya : l’analyse de Mamadou Saliou Barry (MAOG)
Quelques jours seulement après son investiture officielle, le Président de la République, Mamadi Doumbouya, a été confronté à un acte politique fort : la démission du gouvernement dirigé par le Premier ministre Amadou Oury Bah. Une décision intervenue dans la foulée de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 et de la prestation de serment du Chef de l’État, le 17 janvier 2026.
Cette démission, la première du nouveau septennat, s’inscrit dans la tradition républicaine. Elle permet au Président élu de disposer d’une marge de manœuvre institutionnelle pour former une nouvelle équipe gouvernementale en adéquation avec sa vision et ses priorités. En attendant la mise en place du prochain gouvernement, la gestion des affaires courantes a été confiée aux secrétaires généraux des ministères et aux directeurs de cabinet, garantissant ainsi la continuité de l’action publique.
Pour Mamadou Saliou Barry, Coordinateur national de la Maison des Associations et ONG de Guinée (MAOG), cette étape marque un tournant institutionnel important, mais elle appelle à la prudence dans son interprétation.
« Une démission gouvernementale, aussi symbolique soit-elle, ne suffit pas à elle seule à renforcer la démocratie, surtout si les centres de décision restent fortement centralisés », estime-t-il.
Sur le plan politique, la mission confiée à Amadou Oury Bah visant à structurer la mouvance présidentielle Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) apparaît, selon lui, comme une manœuvre clairement orientée vers la préparation des prochaines élections législatives. Une démarche légitime, à condition qu’elle s’inscrive dans un environnement politique ouvert, pluraliste et respectueux de la diversité des opinions.
Cette séquence institutionnelle intervient également dans un contexte sensible de retour progressif à l’ordre constitutionnel, scruté de près par les partenaires nationaux et internationaux. Si elle répond aux exigences formelles des normes républicaines, des inquiétudes demeurent quant à la participation réelle de l’opposition, à l’indépendance effective des institutions et au caractère inclusif du processus politique.
Pour Mamadou Saliou Barry, la réussite du futur gouvernement dépendra de principes clairs et non négociables :
- une gouvernance fondée sur la compétence, la crédibilité et la redevabilité ;
- une inclusion réelle, tenant compte des régions, des femmes et des jeunes ;
- une participation citoyenne structurée, associant société civile, secteur privé et syndicats ;
- une transparence accrue et une lutte effective contre la corruption ;
- un processus électoral crédible, reposant sur un organe de gestion indépendant et un dialogue politique inclusif ;
- une concertation permanente avec la société civile, accompagnée de mécanismes de suivi citoyen.
Selon le Coordinateur national de la MAOG, c’est à ce prix que la Guinée pourra consolider sa démocratie, renforcer la cohésion nationale et restaurer durablement la confiance entre l’État et les citoyens.








Discussion about this post